marzo 02, 2016

Cherchez le noyé en amont



«Il ne faut pas chercher le noyé en amont»


Je crois que les Français du Québec se trompent d'ennemi quand ils accusent les Anglais et les Ostidimmigrés de causer le déclin de la langue française.

Une langue est avant tout un outil, mais pas la langue française: le Français est un BUT. 
On ne fini jamais de l'apprendre; même pas les docteurs en Français. Il faut quasiment l'apprendre par cœur. Il y a beaucoup trop de règles. Des normes qui ne servent à rien parce qu'il y a des milliers d'exceptions. Rien ne s'écrit comme on le prononce et on ne prononce pas la moitié de ce qu'on écrit. L'orthographe est illogique et la grammaire décousue.

Je ne peux que le comparer à l'Espagnol, ma langue maternelle. Elle nous permet, pour peu qu'on soit alphabète et poète, de lâcher un poème.

À différence du Français, l'Espagnol s'est enrichi des langues autochtones d'Amérique Latine. De la fusion des cultures espagnole, amérindiennes, africaines et autres, sont nées de nouvelles expressions culturelles propres à chaque pays, à chaque région: littéraires, culinaires, musicales… Seulement en musique la richesse des rythmes originaux tels que la salsa, le son, le tango et des centaines d'autres, sont des véritables merveilles.

Ce n'est pas arrivé au Québec où l'on s'est borné à reproduire et préserver la chanson française à peine influencée par des cultures anglo-saxonnes.

Ne parlons pas de la poutine… 

Combien des mots amérindiens sont rentrés dans le dictionnaire de l'Académie de la langue française? Ne cherchez pas: zéro. Le peu qu'on trouve, sont rentrés du coté de l'Espagne. Je crois que même les mots "québécois" y sont plutôt considérés comme des curiosités, pour être polie.

Chaque pays d'Amérique Latine a sa respective Académie de la langue, tout comme l'Espagne. À tous les dix ans elles se réunissent pour faire le tour: éliminer des mots et des normes devenues obsolètes, incorporer des nouveaux mots, des nouvelles règles.

Comme, de ce coté là, on n'a pas des complexes, nous adoptons très facilement des nouveaux mots inventés ou venus d'autres langues.

Je vais prendre l'exemple du mot «chat». Nous en faisons tout de suite un verbe: Yo chateo, tú chateas, él chatea y ¡todos chateamos felices!

En français? NOOOOON… c'est un mot anglais, beurk! Il faut aller chercher quelque chose de ben ben français, ben ben ridicule: clavarder! (Québec), causette! (France).  Je ne sais pas quoi dire...

L'Espagnol appartient aux peuples qui le parlent et les académies de la langue espagnole sont là pour canaliser et normaliser les mots que les gens ont adopté, en faisant d'elle une langue vivante, riche, dynamique et moderne.

L'Académie de la langue française s'est appropriée du Français en se donnant comme mission de le garder dans le moyen âge, d'éviter les changements et les mots allogènes, d'imposer son seul avis, en faisant d'elle une langue déconnectée des gens, archaïque, rigide, moribonde…

Les résultat net est qu'à égalité des chances en partant avec les envahisseurs, la langue espagnole est devenue la première langue occidental au monde avec une projection d'avenir incomparable, même si dans plusieurs pays les langues autochtones sont aussi officielles.

Et le Français? svp évitez l'argument «la beauté de notre langue est dans sa difficulté». Ça vient aussi de l'Académie. Les jeunes ne sont pas d'accord. La langue non plus, d'ailleurs.

Autrement dit, mon beau dicton d'introduction ne s'applique pas au Français, comme il peut s'appliquer à tout ce qui est logique. Le cadavre de la langue française, faudra le chercher en amont: L'ennemi est l'Académie.










P.S. Je ferai mon éditorial sur les langues officielles, la loi 101, le club de la francophonie et le rayonnement de la langue française plus tard. Même si nous autres Ostidimmigrés on ne nous pose jamais la question…




1 comentario:

  1. Votre billet est excellent. Et je pèse mes mots. Je me permets de vous recommander la lecture du livre Les délires de l'orthographe de la linguiste Nina Catach. Elle s'en prend à l'Académie de la langue française et lève bien des voiles sur la moins latine des langues latines...

    ResponderEliminar